Brûlons les dogmes !
par
Trinity
Il était une fois... un homme...
C'était un marchand d'idées.
Il vivait dans une maison où les murs étaient peints d'une seule couleur, où les fenêtres étaient couvertes d'épais parchemins, blancs, gris et noirs.
Chaque jour il prenait un temps fou, consacré à enlever la poussière, lustrer les lettres proéminentes afin que tout reluise.
Puis il s'asseyait content, contemplait ses fenêtres parcheminées qui ne laissaient passer aucun de ces indésirables rayons qui pourraient venir ternir le lustre ancestral de lettres qu'il prenait tant de soin à conserver noires et luisantes.
Au hasard des rues, il déambulait avec sa charrette pleine d'idées à ras-bord, devisait sans entendre, déroulait ses papiers sans regarder, marchandait ses idées au gré des adhérents qui croisaient sa route.
Mais il arrivait parfois qu'il rencontrait quelques impies méprisants qui laissaient ces rayons traverser les précieux papiers, blêmir les lettres noires qui contenaient tout son monde d'idées et qui, odieusement, préféraient ces rayons qui effaçaient tout et ne faisaient que rayonner on ne peut plus sans intérêt, car libres de lettres passées, sans égard au monde passé des hommes....
Ceux-là étaient par trop immâtures, incapables de garder leurs fenêtres proprement parcheminées, de plus ils étaient inconscients ces pauvres, car comment pourraient-ils jamais être conscients d'eux-mêmes, du monde, du ciel, de la vie sans parchemins, sans idées à travers lesquelles regarder... Quel dogmatisme que de vivre ainsi, à regarder directement le monde, la vie et le ciel...
Ils vivaient dans l'autre aire ceux-là, celle derrière les parchemins, celle où il n'y avait pas d'idées à admirer, pas de statue de maître à adorer, rien pour s'emplir la tête, sinon des rayons aussi inconnus qu'ils se devaient assurément d'être inutiles, sans valeur, car des lettres, ça ne tient pas sur de la lumière et de la vie...
Trinity