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Déterminisme.
Notre libre-arbitre est illusoire.
par
Xavier de Izarra

Nous ne sommes responsables de rien. Même le pire des criminels n’est pas maître de ses actes. Il est sous l’emprise des forces de  son mental, des contraintes  de sa vie intérieure, des exigences de  son environnement. Victimes et  criminels, patrons et esclaves, riches et pauvres, sont des marionnettes cosmiques ballottées comme des plumes dans une tempête.
Les mutations économiques, les conflits mondiaux ou locaux, les manifestations sociales, les révolutions politiques, les mouvements culturels, l’avènement d’un dictature, l’instauration des démocraties, les découvertes scientifiques, la dispute  avec ma femme, le choix d’une lecture plutôt qu’une autre,  nos croyances, nos doutes, sont le résultat de forces indépendantes de la volonté humaine.
Le cosmos est une immense mécanique où les éléments sont liés les uns aux autres par des forces auxquelles il est impossible de se soustraire. Chaque élément dépend des autres comme le sont les rouages d’une horloge, les pièces d’un puzzle, les cellules d’un corps inerte ou vivant. De la galaxie  au quark, tout semble embrouillé mais tout est cohérent. Tout obéit à des forces.
La lune tourne invariablement autour du soleil, l’automne succède à l’été, la feuille tombe au gré du vent, le vent étant lui-même le produit  d’un nombre considérable de forces. La lune n’est pas plus libre que  la feuille qui tombe ou la pierre qui dégringole de la montagne. Tout est force.
L’homme n’est pas plus libre que la lune.  Et d’ailleurs pourquoi le serait-il ? Pourquoi serait-il différent des autres éléments de l’univers ?  Il s’imagine être le seul affranchi des forces cosmiques.
Darwin a ouvert les yeux en découvrant que l’homme  était un animal, intelligent certes mais esclave de ses instincts. Watson et Crick sont allés plus loin encore par la découverte de l’A.D.N. qui a rétrogradé la vie humaine au même niveau que les êtres inanimés, en un simple  résultat de réactions chimiques, c’est-à-dire soumise aux lois physiques implacables. Difficile maintenant de dire à l’homme qu’il retournera poussière puisqu’il ne vaut pas mieux que la poussière.

Un tel déterminisme a toujours été nié aussi bien par les athées que par les croyants car il dérange, il met en évidence l’absurdité de la vie, il fait mal, il étouffe, il rabaisse l’homme au même rang que les planètes et les objets inanimés qui l’entourent. C’est humiliant. C’est d’ailleurs pour cette raison que les esprits forts rejettent l’astrologie. Pourtant, l’astrologue sait depuis fort longtemps que l’homme et les astres sont liés comme la terre l’est à la lune. L’une est interdépendante de l’autre. De là à prédire l’avenir, non, je n’y crois pas : les forces sont trop nombreuses pour les calculer. Notons que si les astres agissent sur nous, c’est également le cas pour tout élément de l’univers dont le chapeau de ma voisine ou le papillon de l’autre bout du monde.
C’est si douloureux à accepter que l’homme s’invente des fables pour échapper à ce déterminisme qui le plonge dans un profond désespoir. Le croyant imagine un Dieu qui aurait créé l’homme libre, le libre penseur place sa foi en la force de sa pensée, le biologiste cherche sa liberté dans ses éprouvettes,  l’astrophysicien se réfugie dans une  croyance aveugle en la mécanique quantique.
Pourtant, l’homme n’est pas libre. Il est enchaîné au Cosmos dont il fait intimement partie. Il évolue, progresse, régresse, stagne malgré lui.

Savoir que nous sommes enchaînés au cosmos comme des pantins devrait nous pousser à plus de tolérance (elle aussi prédéterminée…) dans la compréhension des réactions et des idées de l’autre. En effet, chaque avis, chaque action, chaque réaction, chaque décision dépend essentiellement du parcours de chacun. Nous faisons souvent le reproche à l’autre de ne pas agir comme nous aurions agi nous-mêmes. Mais c’est tout simplement dû au fait que nos schémas de pensées sont totalement différents et que l’autre ne peut pas agir autrement !
Sommes-nous capables de prouver que nous sommes libres ? Hélas, je crains que non. Il suffit d’observer et d’analyser objectivement la moindre de nos décisions (qui n’en sont pas ) pour comprendre que tout choix est un leurre.
Chaque événement présent est la résultante immédiate de causes passées.  Or comme nous ne pouvons pas agir sur le passé, cela signifie que nous sommes totalement déterminés.

Xavier de Izarra





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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