Hypocrisies du monde

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Coton noir et coton blanc
par
Alfred Kikouk

Que ce soit la guerre classique ou économique, au final c’est toujours la loi du plus fort qui mène la danse. Bombes et subventions sont des moyens cruels  pour asseoir notre  espace vital. Impossible de reprocher au gros Américain de plumer les plus pauvres : c’est une question de survie indépendante de la morale, des bonnes volontés et de la raison humaine.

Au Mali, l’un des dix pays les plus pauvres de la planète, on utilise des outils très rudimentaires pour produire le coton. Une simple charrue tirée par deux bœufs squelettiques suffit pour labourer la terre poussiéreuse. Il faut quinze longs jours pour couvrir les six hectares. L’homme suit la vieille mode du pays : pieds nus et haillons. Tout ceci pour un salaire de 200 euros par mois qui fait vivre une famille de 20 personnes. On vit de peu. La tradition est ainsi. 
Les Maliens sont à majorité musulmane. Ils invoquent Allah, un dieu local. Croire ne coûte pas cher. Ça permet de mieux supporter la sécheresse et la misère.
La culture du coton nourrit deux millions de foyers africains.

Aux Etats Unis, l’un des dix pays les plus riches du monde, le cotonnier enfourche son tracteur bichonné, rutilant, climatisé,  guidé par ordinateur et satellite afin d’épandre son engrais dosé par les meilleurs agronomes.
 L’Américain ne respecte plus les traditions mais plutôt la mode : il s’affuble de vêtements de marque : pour lui c’est vital. Il a recraché Dieu,  préférant gober le chewing-gum.
Son salaire, pour gérer un domaine de 4 000 hectares, ferait pâlir le plus noir des Noirs. Donc n’en parlons pas.
Les 25 000 cotonniers de la région du Mississipi sont peu nombreux et très puissants. Si l’on compte les emplois générés directement ou indirectement par leur activité, ils font vivre plusieurs  millions d’êtres humains.

 

En imaginant, que l’industrie américaine du coton s’écroule et ce serait une  hécatombe considérable avec des répercutions plus dramatiques encore qu’en Afrique. Par conséquent, le gouvernement américain distribue généreusement des subventions à ses  cotonniers, préférant étouffer le Malien rachitique que ses compatriotes obèses. Sans subventions, le coton américain coûterait plus cher que celui du Mali et, les consommateurs, qui ne s’embarrassent pas de morale, préféreraient s’approvisionner chez le fournisseur le moins cher.
A cause des subventions américaines, le cours du coton américain est le plus bas du monde et la culture cotonnière malienne – ainsi que toutes celles de la planète ! - n’est plus compétitive.
Alors le Malien, désespéré, rejoint logiquement les rangs des terroristes du monde. Puisque le  riche l’affame  sur l’autel du dieu économie, il se venge par des attentats au nom d’Allah.
Subventions et attentats ont les mêmes effets finaux : souffrances, détresses, drames. Toutefois, l’attentat est moins hypocrite que la subvention : il a l’avantage d’exploser au grand jour avec décharges d’hémoglobine, comme dans les bons films.
Que faire pour endiguer l’organisation du terrorisme mondial ?
Les Etats Unis versent un peu d’argent aux pays les plus pauvres : 40 millions de dollars chaque année au Mali par exemple. Ils aident les pauvres non pas par charité mais pour se protéger physiquement. D’un côté ils les assomment  et de l’autre ils les soignent ! Notre logique est à rude épreuve !
Il s’établit ainsi un équilibre extrêmement complexe entre toutes les activités humaines que l’on peut comparer à un écosystème. La moindre suppression ou modification  d’un paramètre de la chaîne et tout s’écroule comme un château de cartes. Rien ne semble logique et raisonnable. Chacun tire la couverture à soi en fonction de ses intérêts personnels sans s’occuper des conséquences pour les autres. La somme des intérêts particuliers constitue une force phénoménale contre laquelle nous ne pouvons rien faire.
Les occidentaux savent que prochainement, ils ne recevront pas de subventions de la part des pauvres mais plutôt des bombes. Chacun ses armes. Il n’y a rien à faire. On ne fait que colmater quelques brèches mais sans réelle efficacité.
Le capitaliste  ne veut pas tuer avec ses subventions mais il veut vivre.

Le pauvre  ne veut pas tuer mais tout simplement vivre, lui auss





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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