Le 19 juillet, lors d’une cérémonie de bénédiction d’olim français à la Grande synagogue de la rue des Victoires à Paris, Zeev Boim et Ariel Atias, ministres respectivement de l’Intégration et des Télécommunications, ont exprimé leur certitude que l’Etat d’Israël gagnera cette guerre provoquée par le Hamas, dans la bande de Gaza, et par le Hezbollah, au Liban, car la cause d’Israël est juste.
Certes, la cause d'Israël est juste et légitime. Et on ne peut que souscrire à ces déclarations.
Pourtant, au risque de nous répéter, comment ne pas s’interroger sur ces dernières années au cours desquelles les Israéliens ont eu le grand tort de croire que leur volonté de paix et prospérité était partagée par leurs voisins ?
Le 24 juillet 2000, Kofi Annan, Secrétaire général des Nations unies, a écrit au Président du Conseil de sécurité des NU pour l’informer que les autorités israéliennes s’étaient retirées du sud du Liban et que le Président Emile Lahoud avait donné son accord au déploiement de la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban) ou UNIFIL (en anglais).
L’été 2005, Israël se retirait de la bande de Gaza.
En couvrant cette guerre sur les deux fronts, septentrional et méridional, nos reporters ont constaté à quel point les Israéliens avaient manifesté le souci d’assurer le développement économique, notamment touristique, de zones israéliennes dans le respect de la nature, avec des préoccupations écologiques.
Qu’ont fait les autorités libanaises, en particulier le Président Emile Lahoud, et celles de l’Autorité palestinienne ?
Elles ont laissé passer cette opportunité de construire un Etat de droit, souverain, assurant la protection de tous les citoyens.
Elles ont laissé s’installer des zones de non-droit, où règnent des mouvements terroristes qui sont parvenus à s’introduire légalement dans les institutions politiques étatiques.
En entendant les rapports de Tsahal et les tirs de missiles Qassam ou de Katioucha, nous nous rendions compte avec effroi que ces deux mouvements terroristes n’ont pas saisi cette occasion.
Ils ont creusé des tunnels pour commettre leurs agressions, Ils ont construit des bunkers pour se terrer et y poursuivre leurs objectif : détruire l’Etat juif.
Ils ont aussi soudoyé des Libanais en transformant leurs maisons en entrepôts d’armes, donc juridiquement en cibles militaires.
Ils ont imposé un régime autoritaire, liberticide, dans les zones qu’ils ont contrôlées.
Et le tout dans l’inaction de la communauté internationale qui ne s’est plus préoccupée d’obliger le gouvernement libanais à appliquer la résolution 1 559 (2 septembre 2004) du Conseil de sécurité des Nations unies sur le démantèlement des milices.
Et avec l’approbation tacite des plus hautes autorités libanaises qui ont laissé perdurer une situation dangereuse pour les civils israéliens, cibles de missiles de plus en plus perfectionnés et meurtriers et de kidnappings.
Oui, les Israéliens se sont gravement trompés en projetant sur autrui leurs propres rêves de paix et prospérité.
La communauté internationale ouvre les yeux. Le Hezbollah et le Hamas sont désignés comme responsables de la guerre par de nombreux dirigeants européens, même par ceux qui ont été longtemps les plus opposés à la qualification de terroriste apposée au Hezbollah.
Mais l’aveuglement demeure.
Alors, nous dira-t-on, l’Etat d’Israël occupe les fermes de Chebaa, ce qui suscite l’ire du Hezbollah.
Mais ces fermes sont un sujet de différend avec la Syrie, pas avec le Liban.
Et surtout il ne s’agit pas dans cette guerre d’un problème de revendication territoriale.
Il s’agit du terrorisme étatique de la Syrie et de l’Iran, via le Hezbollah et le Hamas, afin de détourner l’attention de la communauté internationale de problèmes cruciaux : le programme nucléaire du régime des ayatollahs, la dissimulation en Syrie des armes de Saddam Hussein.
Alors, au mépris des populations civiles libanaise et israélienne, ces Etats voyous attaquent l’Etat juif présenté alors par certains médias soudain amnésiques comme l’agresseur du Liban ! Un déni de la réalité.
Et l’Etat d’Israël défend ses citoyens en ripostant et en détruisant les infrastructures terroristes le menaçant. Ce faisant, il exécute le « sale boulot » pour le plus grand bien de l’humanité.
Et en attendant, ce sont des femmes, des enfants, des personnes âgées qui sont contraints de vivre dans des abris au rythme des alertes tandis que, plus au sud, leurs compatriotes accueillent les touristes et olim qui ont maintenu leur choix : l’Etat d’Israël.
En plus du désarmement de tous ces groupements terroristes, c’est à un réarmement moral que doivent s’atteler au plus tôt les démocraties.
Ce qui suppose constance dans la fermeté et la fin de l’hypocrisie : les éliminations ciblées d’islamistes, et non de « rebelles » ou de « résistants » par les Israéliens sont aussi justifiées que celles effectuées par les Américains (Abou Moussab al Zarkaoui, chef de la branche irakienne d’Al-Qaïda) ou les Russes (Chamil Bassaïev en Tchétchénie). Ce travail prendra du temps. Mais il est indispensable.
Nous exprimons notre sympathie aux familles des morts, civils et militaires. |